Anubis est le dieu égyptien de l’embaumement, des nécropoles et du passage vers l’au-delà. Représenté en homme à tête de canidé, il veille sur les tombes, momifie les corps, introduit le défunt dans l’autre monde et préside à la pesée du cœur. Son nom égyptien est Inpou, ou Anpu, et la forme Anubis nous vient du grec.
Anubis, le dieu égyptien de la mort qui veillait sur les nécropoles
Anubis est l’une des figures les plus anciennes de la religion égyptienne. Son nom apparaît dans les Textes des pyramides, gravés pour les rois de l’Ancien Empire, bien avant que la légende osirienne ne prenne l’ampleur qu’on lui connaît. À cette époque, il n’est pas encore le compagnon discret des cérémonies funéraires. Il est le maître du passage, celui qui ouvre la route du ciel au souverain défunt et préside aux gestes qui rendent un corps apte à durer.
Il faut dissiper une confusion fréquente. Dire qu’Anubis est le dieu des morts ne signifie pas qu’il provoque la mort. Il ne tue pas, il ne châtie pas, il n’incarne aucune puissance malfaisante. Sa compétence est rituelle et technique : il surveille les corps, il conduit les âmes, il garantit que les gestes accomplis sur terre produisent leurs effets dans l’autre monde. Cette précision répond à la question la plus posée : Anubis est un dieu de la mort au sens de dieu du passage, jamais au sens de divinité qui donne la mort.
Son nom égyptien, Inpou ou Anpu, a un sens discuté. Les spécialistes le rapprochent tantôt du vocabulaire de l’embaumement, tantôt d’une désignation liée à la position du dieu dans la nécropole. La forme Anubis, que nous employons aujourd’hui, vient du grec, transmise par les auteurs de l’Antiquité puis fixée par la tradition savante. Les graphies Annubis ou Anubid apparaissent dans des textes anciens ou des transcriptions approximatives : elles désignent la même divinité.
Anubis dieu de quoi ? Gardien, embaumeur et guide des âmes
La question revient sans cesse dans les moteurs de recherche, et la réponse tient en une phrase : Anubis est le dieu égyptien de l’embaumement, des nécropoles et du passage vers l’autre monde. Ses attributions se répartissent en plusieurs domaines complémentaires.
- Gardien de la nécropole : il porte l’épithète de seigneur de la nécropole et surveille les tombes depuis les hauteurs désertiques, là où commence le territoire des morts.
- Embaumeur : la tradition lui attribue l’invention de la momification, et les prêtres qui préparaient les corps travaillaient sous son autorité symbolique.
- Guide des âmes : il introduit le défunt auprès des divinités de l’au-delà, fonction que les textes résument par le titre d’introducteur des morts.
- Juge : il préside à la pesée du cœur et contrôle la régularité de la mesure.
- Protecteur : il veille sur les amulettes, les sarcophages et les formules gravées sur les parois des tombes.
- Gardien des secrets : les rites d’embaumement se déroulaient à l’écart, dans la tente divine, avec une discrétion qui rappelle une forme d’Omerta sacerdotale.
Ces attributions ne sont pas figées une fois pour toutes. Un même dieu peut être protecteur dans une tombe de dignitaire, juge dans une vignette du Livre des morts, et figure funéraire presque décorative sur un sarcophage tardif. Ce qui demeure, d’un bout à l’autre de l’histoire égyptienne, c’est la fonction de passeur : Anubis se tient à la charnière entre la vie et la mort, et c’est là qu’il puise son prestige.
Pourquoi Anubis est-il représenté avec une tête de canidé ?
L’iconographie la plus connue montre un homme au corps humain et à la tête d’un canidé, ou bien un canidé noir couché sur un coffre, oreilles dressées et museau allongé. Cette silhouette hybride n’a rien d’un détail décoratif. Elle annonce la fonction du dieu : un être capable de circuler entre la ville des vivants et les confins désertiques où l’on enterre.
L’identification exacte de l’animal reste discutée. Les Égyptiens connaissaient plusieurs canidés sauvages, et le mot qu’ils employaient ne se traduit pas directement par notre vocabulaire moderne. Le chacal doré, le loup, le chien sauvage et même le renard ont été proposés par les traducteurs, sans qu’aucune réponse ne s’impose définitivement.
| Hypothèse | Argument | Limite |
|---|---|---|
| Chacal | Animal rôdant autour des cimetières du désert, lecture traditionnelle depuis l’Antiquité. | Le vocabulaire égyptien ne recoupe pas exactement nos espèces actuelles. |
| Chien sauvage | Certaines représentations évoquent un profil de canidé plus trapu et plus massif. | Aucune preuve textuelle décisive ne vient trancher. |
| Renard | Formes régionales et pelages roux observés sur quelques documents. | Piste minoritaire, souvent liée à des traditions locales. |
| Loup | Proximité biologique avec le chacal et le chien. | Répartition du loup en Égypte mal documentée pour l’époque pharaonique. |
Retenons donc une formulation honnête : Anubis est une divinité canine, un canidé divin dont l’espèce précise nous échappe en partie. Ce qui compte pour le rite n’est pas la zoologie, mais le comportement prêté à l’animal. Il rôde à la lisière des nécropoles, il flaire, il veille. Le désert est son territoire, et la tombe son domaine.
La pesée du cœur, le moment où Anubis contrôle la mesure
L’image est devenue l’une des plus célèbres de l’Égypte ancienne. Le défunt est conduit par la main jusqu’à la balance, son cœur posé sur un plateau, la plume de Maât sur l’autre. Anubis vérifie l’équilibre, Thot note le verdict. Derrière la scène, une créature monstrueuse attend le cœur trop lourd.
Certains y voient un tribunal, d’autres un contrôle technique. La seconde lecture est plus fidèle au texte : Anubis ne prononce pas la sentence, il la rend possible. Il vérifie que la pesée est régulière, que le rituel a été correctement exécuté, que le défunt arrive intact devant les juges divins. Son autorité est celle d’un garant, non d’un bourreau.
La momification complète ce dispositif. Les embaumeurs travaillaient sous son patronage, parfois masqués pour incarner le dieu pendant les gestes les plus délicats. Selon la légende osirienne, Anubis aurait rassemblé le corps d’Osiris mis en pièces par Seth, puis l’aurait traité avec des baumes et des bandelettes. Plutarque, qui écrit entre environ 46 et 120 après J.-C., rapporte que le corps fut divisé en quatorze morceaux dispersés dans le pays. En recomposant ce corps, Anubis invente en quelque sorte le métier d’embaumeur et donne aux funérailles leur modèle mythique.
Filiation d’Anubis : Isis, Osiris, Nephtys et la légende osirienne
Les récits ne racontent pas tous la même généalogie, et c’est l’une des richesses du dossier. Dans la version la plus diffusée, Anubis est le fils d’Osiris et de Nephtys. Nephtys, sœur d’Isis, aurait pris l’apparence de celle-ci pour s’unir à Osiris, puis abandonné l’enfant, recueilli et élevé par Isis. Le dieu serait donc à la fois neveu et demi-frère d’Horus.
Une autre tradition, plus ancienne, fait de lui le fils de Râ ou d’une divinité liée au désert, avec des variantes locales bien attestées à Assiout. Certaines listes le rattachent à Hésat, déesse vache, ou le rapprochent de Bastet, ce qui complique encore la lecture. Ces flottements ne sont pas des erreurs de copie. Ils reflètent la manière dont les centres religieux égyptiens négociaient entre eux les parentés divines.
Le point stable reste le lien avec Osiris. Anubis prépare le corps du dieu assassiné, lui rend sa forme et accompagne ainsi la première des résurrections. Progressivement, Osiris prend la première place dans le royaume des morts et Anubis devient son auxiliaire : le souverain juge d’un côté, l’embaumeur et le guide de l’autre. Cette répartition explique que le canidé n’ait jamais disparu du panthéon, même lorsque son rôle central s’est déplacé.
Inpou, Anpu, Annubis : épithètes et géographie d’un culte
Le dieu ne se contente pas d’un nom. Il accumule les épithètes religieuses, ces qualificatifs qui précisent son domaine et sa compétence. La plus connue, Khentyimentyou, signifie celui qui préside à l’Occident, c’est-à-dire au pays des morts situé du côté où le soleil se couche. Elle finit par désigner une divinité canine unifiée, née du rapprochement entre Anubis et Oupouaout, autre canidé protecteur associé à Assiout.
La topographie religieuse dessine ensuite une carte cohérente. Cynopolis, la ville du chien, occupe le dix-septième nome de Haute-Égypte et honore le dieu de manière spécifique. Abydos, haut lieu d’Osiris, l’associe au pèlerinage et à la mise en scène des mystères. Le Papyrus Jumilhac, document tardif, conserve des variantes mythologiques locales qui n’apparaissent nulle part ailleurs et que la vulgarisation oublie souvent.
L’évolution chronologique compte autant que la géographie. Prééminent pendant l’Ancien Empire, Anubis recule à partir du Moyen Empire derrière Osiris, devenu maître absolu de l’autre monde. Il ne disparaît pas pour autant : à l’époque gréco-romaine, il figure encore partout sur les sarcophages et dans les formules du Livre des portes. Sa position change, son autorité rituelle demeure.
Anubis dans la culture populaire et dans les marques contemporaines
L’Égypte ancienne fascine, et son bestiaire divin a migré dans la culture de masse. Anubis devient pseudonyme de groupes de musique, figure de jeux vidéo, personnage secondaire de mangas et de romans fantastiques. Sur le web, ce succès produit un voisinage de requêtes parfois déroutant : dans une même session, on cherche la signification du dieu puis on veut Tout savoir sur Benoît Poelvoorde, ou l’on se laisse happer par L’Engouement Croissant pour One Piece en France. Ces rapprochements n’ont rien de mythologique, ils montrent seulement que le nom circule très loin de son contexte d’origine.
Le monde des objets s’en empare aussi. Pendentifs, bagues, statuettes et tatouages reprennent le profil du canidé noir, au point que des recherches corporelles sans rapport avec l’Antiquité croisent les motifs égyptiens, à l’image du Tatouage anus, autre phénomène de mode corporelle. À l’autre extrémité du spectre, des entreprises de logistique funéraire et de rapatriement international utilisent le nom du dieu comme référence de sérieux, ce qui crée une ambiguïté commerciale bien réelle pour l’internaute.
Pour éviter la confusion, un réflexe simple suffit. Si la page parle de résurrection, de pesée du cœur, de nécropole et de momification, on est chez le dieu. Si elle parle de prestations, de tarifs, de contrats ou de produits, on est chez une marque. Le même mot, deux univers distincts.
Anubis est-il le dieu des morts ou le dieu de la mort ?
Les deux expressions circulent, mais elles ne disent pas la même chose. Anubis ne donne pas la mort : il gère le passage, l’embaumement, la tombe et l’accès à l’autre monde. On peut donc parler de dieu des morts ou de dieu funéraire sans commettre d’erreur, à condition de ne pas en faire une divinité qui provoque la fin des vies.
Anubis a-t-il une tête de chien ou une tête de chacal ?
Les représentations montrent un canidé, et l’espèce exacte reste discutée. Le chacal sauvage rodant près des cimetières du désert est l’hypothèse la plus citée, mais le chien sauvage, le loup et le renard apparaissent aussi dans les analyses. La formulation la plus juste consiste à parler d’un homme à tête de canidé.
Qui sont les parents d’Anubis selon les Égyptiens ?
La version la plus répandue en fait le fils d’Osiris et de Nephtys, recueilli puis élevé par Isis. D’autres traditions le rattachent à Râ ou à des divinités locales du désert. Ces variantes correspondent à des centres religieux différents, non à des erreurs de transmission.
Pourquoi Anubis est-il représenté en noir ?
Le noir n’est pas ici une couleur funèbre au sens occidental. Il évoque la terre fertile déposée par le Nil et la renaissance, mais aussi la couleur des résines employées pour préparer les corps. Un canidé noir est donc à la fois un gardien du désert et un symbole de régénération.
Que se passe-t-il pendant la pesée du cœur ?
Le cœur du défunt est placé sur une balance face à la plume de Maât, qui représente l’ordre juste. Anubis contrôle la mesure, tandis que Thot enregistre le résultat. Un cœur trop lourd condamne le défunt, un cœur équilibré ouvre l’accès à l’autre monde.
Le culte d’Anubis existe-t-il encore de nos jours ?
Non. La religion égyptienne antique s’est éteinte progressivement et aucun culte officiel ne lui est rendu aujourd’hui. Le dieu survit en revanche dans l’égyptologie, les musées, la littérature, le cinéma et le commerce, où son nom et son image restent immédiatement reconnaissables.
